Moyens efficaces pour mieux vivre son deuil

Moyens efficaces pour mieux vivre son deuil
L’humain fuit naturellement la souffrance. C’est pourquoi la première réaction au deuil est le déni. Devant l’inconcevable perte d’un être aimé, notre réflexe normal est de dire NON! Ce refus peut s’être exprimé au moment où un médecin nous a annoncé que la maladie de l’autre ne répondait à aucun traitement. S’il existe un seul avantage à une maladie grave, c’est qu’il nous prépare au deuil avant que la mort arrive. Mais, ça ne rend pas les choses vraiment plus faciles...

Prenez un moment de recul

Quand la mort survient subitement, c’est une autre histoire. Vivre un moment de choc intense est normal. Se demander pourquoi nous n’avons rien vu venir aussi. La culpabilité est un couteau qui ne sert qu’à se torturer davantage. Premier conseil utile: prenez un petit moment de recul. Demandez-vous si vraiment vous auriez pu changer le cours des choses et surtout, ne restez pas seul.

Confiez-vous

Parlez, racontez comment ça s’est passé. C’est reconnu, s’exprimer est thérapeutique après avoir subi un choc. Parler à quelqu’un de solide, qui sait manifester de l’empathie sans couler avec nous, c’est un geste salutaire. S’il n’y a personne autour de vous capable de vous soutenir, téléphonez à une ligne d’écoute active comme le Centre Montbourquette. C’est gratuit et ça peut aider beaucoup.

Revoir le corps une dernière fois

Si vous avez besoin de revoir cet être cher une dernière fois, c’est la seule chose qui presse. Vous n’avez que 48 heures après le décès pour éviter l’embaumement et les grosses dépenses. C’est malheureux, mais c’est la Loi. Si vous obtenez le privilège de cette dernière visite, faites-vous accompagner, c’est essentiel. Généralement, les entreprises funéraires veillent à cet accompagnement, mais un étranger, ce n’est pas pareil. Il vous faut quelqu’un qui mérite votre confiance pour vous y conduire et vous consoler.

Le repos

Accordez-vous le temps d’un peu de repos. Déposez ce que vous ressentez. Vous n’êtes pas vos émotions. Elles ne seront pas toujours aussi intenses. Faites-vous couler un bon bain chaud et prenez une pause.

Demandez l’aide de professionnels  

Si vous ne parvenez pas à tenir en place et encore moins à dormir, allez à votre CLSC. Vous y trouverez quelqu’un capable de vous aider à reprendre des forces. Dans les cas extrêmes, vous pouvez aussi téléphoner au centre de crise de votre localité. Vous pourrez y être accueilli, hébergé pour quelques jours jusqu’à ce que vous vous sentiez un peu mieux. N’hésitez pas à consulter, il existe plusieurs ressources. Des personnes, sans jugement, sont formées pour vous apporter du support efficace.

Pleurez 

Surtout, surtout, ne retenez pas vos larmes! Elles sont normales dans une circonstance anormale. La mort ne frappe pas tous les jours! Vouloir avoir l’air fort n’arrangera pas les choses. Vous garderez ce chagrin comme un boulet ou une bombe à l’intérieur de vous. Pleurez, autant que vous en ressentirez le besoin, ça vous permettra de continuer plus sereinement.

N’hésitez pas non plus à plonger dans vos souvenirs, les photos, les musiques qui vous parlent. Ce sont des moments importants et précieux qui font en sorte que la perte nous apparaît un peu différemment. 

Exprimez vos émotions, même la colère

Il est également normal que vous ressentiez de la colère. Vous vous sentez trahi, abandonné ou vous en voulez à la vie. Cela aussi est normal. Permettez-vous ce sentiment. La colère, c’est la force de la vie qui rencontre un obstacle. Sa force permet de surmonter cet obstacle. Par contre, il est inutile de vous en prendre à qui que ce soit. La mort fait partie de la vie, tout le monde le sait, mais personne ne veut vraiment le savoir.

L’exprimer fait du bien. N’en ayez pas honte.

Quand la colère monte, il est fréquent de ressentir comme une immense vague qui nous submerge. Elle est faite de tous les événements qui nous ont mis devant une peine, un échec, un moment difficile. Chaque chagrin ramène tous les autres. Quand la blessure est à vif, c’est le bon moment de la soigner. Nous l’oublions trop souvent.

Faites quelque chose qui vous fait du bien

Vraiment du bien. Allez marcher à l’extérieur, réfugiez-vous chez quelqu’un qui vous aime, prenez une tisane bien chaude, enveloppez-vous d’une couverture rassurante. Vous avez besoin de repos et de prendre un peu de distance. Confiez toutes les tâches à entreprendre à quelqu’un qui est moins affecté que vous. Pour l’instant, il n’y a pas d’urgence.

Trop de gens se lancent dans l’action dans l’espoir de ne plus rien ressentir. Malheureusement, ça ne fonctionne pas vraiment. La peine reviendra, de manière insidieuse et brutale. Chercher à la fuir est normal, mais cela n’a rien de véritablement efficace.

Privilégiez vos besoins

Après la mort d’un proche, tout le monde fait face à un tourbillon d’activités. Il faut prévoir la suite. Préparer les funérailles ou l’événement-hommage. Le téléphone ne dérougit pas. Soyez à l’affût de vos propres besoins. Si les appels vous dérangent, réfugiez-vous ailleurs. Si vous ne savez pas quoi faire exactement, attendez d’avoir la tête plus claire. Laissez les autres prendre soin de vous. Vous en avez besoin.

Reconnaissez vos tentatives de marchandage 

Après que la famille et les amis seront venus à votre rencontre, que le tourbillon sera passé, il se peut que vous ayez tendance à marchander. Qu’est-ce que ça veut dire? Tenter de faire comme si rien n’était arrivé. Parce que c’est normal et que vous subissez un peu la pression de l’entourage qui voudrait que vous vous repreniez rapidement. Les gens promettent d’être là au besoin, mais bien peu se manifestent généralement. Les commentaires peuvent également être blessants et les regards fuyants. Personne ne semble à l’aise avec la douleur. Alors, dans bien des cas, nous cherchons à la taire et à la garder pour soi, de peur du jugement ou de l’isolement. Osez dire comment vous vivez les choses, calmement. Osez exprimer vos besoins, gentiment. Osez vous accorder le temps qu’il vous faut à vous, car chaque personne est différente et réagit d’une manière exclusive. Ceci ne veut pas dire de vous enliser dans le chagrin, cela signifie de simplement faire face à la réalité pour ce qu’elle est, sans fuir. La période du marchandage peut s’étirer et empêcher la guérison de la blessure. Chercher la personne aimée partout, espérer la remplacer rapidement, faire comme si de rien n’était sont des stratégies qui sont loin de soulager et rendent la douleur plus tenace.

Utilisez cette étape de vie pour vous redéfinir et choisir ce que vous voulez faire de l’avenir 

Vous vivez une des périodes les plus importantes de votre vie. Cesser de marchander, c’est aussi faire quelque chose d’important: redéfinir vos rêves, vos besoins, vos désirs, ce que vous êtes réellement, pour et par vous-même. Il se peut que cela vous paraisse insurmontable au début. Vous avez peut-être conçu votre vie en fonction de l’autre. Vous en avez peut-être pris soin pendant de longues années. Vous avez cru qu’il ou elle serait toujours là. Cette relation vous a défini, en quelque sorte. Pourtant, au-delà de cette relation, vous avez toujours été quelqu’un. Quelles sont les grandes qualités que l’autre mettait en lumière? Quelles sont les activités qui vous ont manquées pendant qu’il ou elle avait besoin de vous? Qu’est-ce que vous avez rêvé de changer sans oser le faire à cause de l’autre? Quels devraient être vos nouveaux repères?

Il se peut que rien ne vous vienne à l’esprit en vous posant ces questions, mais écrivez-les, revenez-y chaque matin, et les réponses viendront. Elles vous surprendront. Elles vous redonneront de l’élan et le goût de poursuivre votre route.

Rompez l’isolement

Lorsque vous vous sentez seul, que c’est vraiment trop difficile à supporter, rompez l’isolement. Rejoignez un groupe de thérapie du deuil. Le premier bénéfice sera de vous rendre compte que vous n’êtes pas la seule personne au monde qui est aux prises avec la même douleur. D’autres la vivent aussi et sont en mesure de vous accueillir et de vous comprendre. Animés par des professionnels, ces groupes sont accessibles et peuvent vous faire rencontrer des gens avec qui vous pourriez établir des liens durables. Ça vaut le coup d’essayer. De plus, vous y trouverez toutes sortes de pistes qui vous permettront de faire le point et de mieux décoder tous les sentiments qui vous animent.

Faites de l’activité physique au grand air 

Quand nous traversons une épreuve, nous avons tous plus ou moins envie de nous terrer à l’intérieur, comme un animal blessé. Pourtant, un des meilleurs moyens de retrouver ses repères, de l’énergie et des petits moments d’émerveillement, c’est de profiter du grand air. Vous n’êtes pas très en forme? Raison de plus! Marcher doucement dans votre quartier ou au parc au coin de la rue vous fera le plus grand bien. Si vous pouvez vous déplacer, aller marcher en forêt. Les arbres sont source d’une magnifique présence, ils apaisent et vous apportent de l’oxygène. Vous préférez le bord de l’eau? Il y a des parcs linéaires qui suivent les cours d’eau en ville et que vous pouvez fréquenter en toutes saisons. Recherchez-les. L’eau vous dira que tout passe comme elle coule. Si vous êtes toujours en colère, inscrivez-vous à l’entraînement et passez-là en faisant de l’exercice intense. Vous êtes déprimé ? L’activité plus soutenue vous redonnera du tonus en vous donnant des endorphines. Courez, pratiquez un sport, n’importe lequel à condition qu’il vous plaise. Se mettre en action est un des meilleurs remèdes. 

Apprivoisez les étirements

Une façon simple et agréable de se remettre en mouvement. La gymnastique douce convient à tout le monde, quelle que soit votre condition de santé. Bouger ce qui peut bouger, c’est un secret pour ressentir son corps et la vie qui y circule.

Créez quelque chose

Un moment de création ou d’apprentissage permet une évasion parfaite tout en donnant la chance d’exprimer ce qui ne peut l’être avec des mots. Si vous aimez peindre, bricoler, tricoter, écrire, cuisiner ou encore avez-vous toujours eu envie d’apprendre la musique ou l’anglais? En rentrant de vos sorties en plein air, donnez-vous un projet motivant. Engagez-vous à le mener à terme. L’oeuvre accomplie deviendra le symbole de votre résilience. Vous en serez fier.

Méditez 

Nul besoin d’aller en Inde ou de rencontrer un gourou. Méditer veut dire se concentrer sur une seule chose sans laisser entrer les autres pensées. Il s’agit d’une discipline formidable, qui ne coûte rien et qui fait tellement de bien. Allez en ligne pour trouver des méditations dirigées pour commencer. Vous constaterez vite que cet exercice vous apportera du calme, des idées auxquelles vous n’auriez jamais pensé dans la tourmente émotionnelle et un mieux-être global.

Adoptez un animal

Un oiseau, un chat, un chien, un hamster, peu importe. Le caresser, lui parler, en prendre soin comblera un peu le vide. La zoothérapie est reconnue pour sa capacité à aider à retrouver du plaisir quand il n’y en a plus. Dans bien des cas, les animaux ont réussi à redonner de la joie de vivre et de la santé à des gens en détresse.

Vous n’aimez pas les animaux? D’accord. Achetez-vous une peluche. Sérieusement! Flatter quelque chose de doux provoque la montée d’endorphines dans l’organisme, aide à réduire la pression artérielle et provoque un sentiment de bien-être. Allez, personne ne le saura! Ce n’est pas pour rien que les enfants aiment tant dormir avec leur toutou. Ça les rassure. Et ça peut en faire autant pour vous! 

Laissez-vous dorloter 

Un bon massage, un moment de détente totale au spa, un soin facial, c’est une façon de vous donner la permission de vous laisser gâter. Si vous le pouvez, choisissez la personne qui vous accueillera pour ses qualités humaines autant que pour ses compétences. Si vous n’avez pas l’habitude de vous faire gâter, demandez des références autour de vous. Il y a sûrement quelqu’un qui consulte une personne extraordinaire, capable d’écouter et de faire la bonne chose.

Rassurez-vous, les larmes ne durent pas toujours 

On dit qu’elles prennent leur temps. Au moment où on s’y attend le moins, elles réapparaissent et nous envahissent. Ce qui est rassurant, c’est qu’un jour à la fois, elles se font un peu moins pressantes. Il y aura des moments où, de plus en plus souvent, vous pourrez penser à autre chose, vous engager dans une activité que vous aimez, et parfois, avec un petit pincement au coeur, vous sentir libre d’en profiter.

Et vous aurez peur de l’oublier… mais rassurez-vous, c’est totalement impossible. Quand on a aimé quelqu’un, cet être demeure à jamais inscrit dans notre coeur. Traverser le deuil, c’est lui aménager cette place unique pour chérir à jamais tout ce qui a été vécu ensemble, se rappeler les bons souvenirs, sourire à la pensée des moments précieux qui ont été partagés. C’est à ce moment que le deuil apporte sa moisson: nous sommes devenus différents, nous avons évolué, compris et nous avons reconstruit. Cela a pris du temps, du courage, des efforts, mais vous y arriverez, meilleur.

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