Préserver la vie après la mort: des options écologiques

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De plus en plus de gens prennent conscience des dangers de l’activité humaine sur l’environnement. Le GIEC sonne l’alerte générale et les jeunes se mobilisent, partout dans le monde, pour que les gouvernements votent des lois visant à protéger la planète.

Devant cette urgence pour la survie sur notre espèce et de la vie en général, il est naturel de s’interroger sur les moyens à notre portée pour qu’au moment de notre mort, la disposition de notre corps produise le moins de pollution possible. Comment mourir écolo ?

Quelques chiffres et différenciations entre crémation et embaumement

Au Québec seulement, 60 000 personnes décèdent chaque année. Ce nombre atteindra 100,000 en 2043.

Chaque fois qu’un corps est inhumé dans un cercueil, le formaldéhyde utilisé pour l’embaumement et le mercure provenant des soins dentaires, sans compter les colles, les éléments métalliques de même que les vernis du cercueil lui-même, constituent une menace réelle pour la nappe phréatique (eau souterraine) et l’écosystème, l’air ambiant et la couche d’ozone. En effet, tous ces polluants se répandent dans l’environnement, produisent du CO2 et des substances cancérigènes.

Ainsi, l’inhumation d’un corps représente le poids environnemental de 3,6 à 5 crémations et peut générer jusqu’à 833 kg de CO2, soit l’équivalent de 84% d’un vol Paris/New York. Ce calcul compte la fabrication et la livraison du cercueil, les déplacements qu’imposent le traitement du corps et l’usage de plusieurs véhicules lors du cortège funèbre, le diesel pour le creusage au cimetière, la livraison des pierres tombales qui viennent principalement de la Chine et enfin, les émanations liquides et gazeuses produites par la décomposition du corps.

L’incinération meilleure pour le climat que l’inhumation

La crémation, malheureusement, a également des impacts nocifs et libère des composés chimiques et des métaux lourds dans l’atmosphère, surtout lorsque le corps est embaumé et placé dans un cercueil. Évidemment, même dans les cas où le corps n’a subi aucun traitement de conservation et est déposé dans un contenant cartonné, la combustion de gaz propane produit du CO2, entre 160 et 180 kg selon la performance de l’équipement . Heureusement, les normes imposées aux crématoriums ont beaucoup évolué depuis une dizaine d’années, obligeant l'installation de filtres antipollution, ce qui a eu pour effet de réduire leurs émissions polluantes qui varient malgré tout d’un four à l’autre. La crémation, comment ça se passe?

L’aquamation, mot qui signifie la disposition du corps par l’eau et une solution alcaline, chauffée électriquement à 98 degrés Celsius pendant 8 à 12 heures, remporte la palme environnementale. Elle ne dégage en moyenne qu’un kilogramme de CO2 par processus. Le problème reste la disponibilité de tels équipements. Il n’en existe qu’un seul au Québec, qui est situé à Granby. Le transport du corps à partir des autres régions et la livraison des cendres, annule en bonne partie le gain environnemental.

Existe-t-il d’autres options?

L’État de Washington, sur la côte ouest des États-Unis, étudie un projet de loi visant à autoriser le compostage des corps humains. Un procédé presque carboneutre utilisé depuis longtemps pour les animaux pourrait donc être appliqué pour transformer les corps de personnes décédées en riche compost. Évidemment, l’embaumement serait proscrit. Les émanations du mercure utilisé pour les soins dentaires pourraient potentiellement nuire à la qualité de l’air et des sols des lieux de compostage.

Ce procédé, bien qu’il soit de loin le plus écologique, n’a pas fini de soulever les passions. Les croyances religieuses, les préoccupations éthiques et bien des facteurs émotionnels font s’élever des tollés d’indignation. Ce n’est pas demain la veille que nous verrons cette méthode de disposition des corps faire son entrée au Québec.

Quelles pourraient être les solutions les plus écoresponsables?

Les informations recueillies permettent de comprendre que la crémation est, pour l’instant, la solution la plus écologique qui soit disponible à proximité. Mais comment rendre l’opération carboneutre? La meilleure option, c’est de compenser l’émission de gaz à effet de serre en plantant des arbres!

Bien que ce soit un geste symbolique magnifique, il n’est pas nécessaire d’utiliser une urne biologique spécialement conçue à cet effet ou de placer les cendres de l’être cher dans la terre pour planter un arbre. D’ailleurs, tout le monde ne dispose pas d’un terrain et même pour ceux qui en possèdent un, il est difficile de prévoir combien de temps la famille habitera la même maison. Laisser le chêne de Papa derrière soi quand on déménage, c’est assez embêtant.

Un organisme appelé Compensation CO2 Québec propose de calculer l’émission de C02 de chaque personne ou activité et de compenser la pollution par la création de nouvelles forêts. En effet, les forêts sont réputées être des puits de carbone, car grâce à la photosynthèse, elles emmagasinent celui qui est présent dans l’atmosphère et produisent de l’oxygène. De plus, même le bois utilisé pour la construction continue à éliminer du CO2 pendant plus de 100 ans.

La succession d’une personne qui avait une grande préoccupation écologique peut donc planter pas seulement 1 arbre, mais plusieurs dans une forêt nouvelle pour compenser les dommages causés par la vie et la mort de cette personne, lui permettant de continuer d’agir pour préserver la vie et la santé de la planète. Vous pouvez donc planter un ou des arbres en mémoire du défunt dans une forêt qui a été ravagée par le feu, aidant ainsi la reforestation et la préservation de la faune. Vous recevrez un certificat de localisation de l’arbre planté. Quel beau geste ! Planter un arbre

Il faut également savoir que toute plantation aide à l’élimination du CO2. Les plantes à fleurs et à fruit ont une croissance rapide qui requiert beaucoup de CO2 pour produire du sucre et de la fibre. Faire un jardin potager tous les ans en mémoire de Maman, c’est donc une bonne idée qui en plus, nous rappelle toute sa bonté et sa générosité.

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De nouveaux projets de cimetières écologiques sont dans les cartons d’Everhere. Permettre aux familles de planter des arbres à fort potentiel de captation, d’entretenir des massifs de fleurs et de s’occuper de jardins communautaires organiques,dans un environnement entièrement naturel conçu pour les familles qui se souviennent et entretiennent la vie, voilà une façon de tendre vers la disposition carboneutre des corps des défunts. Dans ce lieu privilégié, il n’y aura pas de monument importé d’ailleurs, mais des épitaphes de bois et des sentiers de ressourcement. Des ruches et des chèvres, peut-être, pour tondre la pelouse…

D’autres idées

En vrac, voici d’autres suggestions pour réduire le poids environnemental du rassemblement familial, de la cérémonie funéraire, et de la disposition finale des cendres:

  • Choisir d’utiliser des verres et des assiettes de carton, ou mieux, de la vaisselle réutilisable; il est possible d’en louer auprès de certains traiteurs pour l’événement hommage;
  • Favoriser le covoiturage pour les membres de la famille élargie;
  • Organiser l’événement pour que tout se déroule au même endroit. Le traditionnel cortège funéraire devient ainsi complètement inutile;
  • Si plusieurs membres de la famille viennent de loin, les inciter à réserver une chambre à l’hôtel où se déroulera l’événement hommage;
  • Prendre les cendres en charge après l’événement pour éviter un déplacement supplémentaire pour aller les chercher ou pour les faire livrer lors de l’inhumation ou de la dispersion;
  • Si vous choisissez d'inhumer les cendres dans un nouveau lot de cimetière, assurez-vous d’acheter une pierre tombale provenant du Québec, idéalement en bois;
  • Choisissez une urne de papier biologique, de jute, de terre non cuite, de sel ou de bois non vernis pour inhumer les cendres. Ce type d’urne se dégradera sans laisser de trace;
  • Si vous choisissez plutôt de disperser les cendres sur la terre ou dans l’eau, utilisez de préférence un dispositif que vous pourrez récupérer afin d’accueillir les cendres d’une autre personne ou encore, d’un contenant spécialement conçu pour éviter que les cendres ne constituent une nuisance. Marquez l’endroit de quelques pierres soigneusement choisies, et vous aurez longtemps un lieu privilégié pour venir vous recueillir;

Différentes façons originales de disposer des cendres

Un engagement vert

Everhere est une organisation qui veille à tout mettre en oeuvre pour récupérer, recycler, réaliser des activités le plus possible carboneutres ou, lorsqu’elle ne le peut pas, à compenser ses émissions polluantes par la plantation d’arbres et de fleurs, car la mort doit nourrir tout ce qui continue à vivre, dans notre environnement autant que dans notre coeur.