Ce que tout le monde devrait savoir au sujet des soins de fin de vie

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Le décès d’un être cher, ou même seulement le fait d’envisager conclure ses préarrangements funéraires nous place devant une réalité qui nous dérange. Tôt ou tard, nous serons confrontés à notre propre mort. Pour plusieurs, il s’agit d’un fait inacceptable et qui leur fait terriblement peur.

Cette peur est bien normale, à moins qu’elle soit omniprésente et cause d’anxiété. Dans ce dernier cas, il peut être approprié de consulter un psychologue afin de parvenir à mieux profiter de la vie.

Toutefois, lorsqu’on aborde la question avec la majorité des gens, ce n’est pas tant la mort elle-même qui terrifie, mais bien ce qui se passe juste avant. Perdre ses capacités, souffrir, vivre l’isolement ou le sentiment d’être un poids pour ses proches sont autant d’éléments qui, de manière générale, sont des facteurs de crainte légitime.

Qu’est-ce qui peut être fait pour éviter ce qui nous fait peur ?

Les lois évoluent en matière de soins de fin de vie et d’aide médicale à mourir. Il est même maintenant question de permettre, éventuellement, de rédiger un consentement anticipé en prévision de pertes cognitives qui pourraient empêcher d’obtenir le droit de mourir dans la dignité. Ce n’est pas encore gagné, mais le débat est lancé.

Par ailleurs, les soins palliatifs se sont également améliorés. Il est maintenant possible de demander à être placé en coma artificiel si la douleur est trop importante pour être supportable. Bien d’autres méthodes de contrôle de la douleur existent également. Cependant, si vous souhaitez garder votre lucidité jusqu’à la fin, choisissez un établissement de soins palliatifs où des médecins acceptent de prodiguer l’aide médicale à mourir, car certaines institutions très connues le refusent systématiquement.

Pour connaître les conditions afin d’obtenir l’aide médicale à mourir, cliquez sur les liens suivants:

Directives médicales anticipées

Il est possible, en s’adressant à la Régie de l’Assurance-maladie du Québec, de s’inscrire au registre des directives médicales anticipées. Ainsi, chaque citoyen qui le désire peut indiquer le type de soins auxquels il consent ou auxquels il se refuse, pour le cas où il ne serait pas en mesure de décider au moment de les recevoir.

La procédure est simple: il suffit de téléphoner à la Régie de l’Assurance-maladie et de demander le formulaire que vous recevrez par la poste ou vous pouvez le télécharger après avoir créé votre CliqSécur.

Les professionnels de la santé qui vous prendraient en charge si vous étiez inconscient ont l’obligation de consulter le registre pour savoir si vous avez déposé vos propres directives.

Une façon efficace d’empêcher l’acharnement thérapeutique qui entraîne des souffrances inutiles et même parfois un état de dépendance totale voire d’inconscience prolongée et sans espoir de rétablissement.

Mandat de protection, aussi appelé mandat d’inaptitude

On entend beaucoup parler de maltraitance envers les aînés. Il s’agit d’un problème qui peut être évité en confiant, lorsque tout va bien, un mandat d’inaptitude à une personne qui mérite toute votre confiance. Cette personne n’a pas besoin de vous être apparentée. Il est possible de désigner quiconque vous a démontré un engagement réel et un excellent jugement.

En effet, lorsque des pertes d’autonomie ou des pertes cognitives surviennent, il arrive trop souvent que ce soit la personne la moins apte à prendre soin de nous qui devienne celle à qui se réfèrent les autorités médicales, les travailleurs sociaux et autres professionnels, simplement parce que l’on a négligé de confier un mandat à une personne responsable qui sera vraiment en mesure de prendre les meilleures décisions pour notre bien-être. Tellement de personnes aînées souffrent à cause d’un fils irresponsable, d’une fille dépressive chronique, d’un conjoint lui-même dépourvu de moyens ou d’une soeur hyper contrôlante.Vous avez le pouvoir d’éviter cela. Voyez-y.

Pour établir un mandat d’inaptitude, vous pouvez utiliser un formulaire disponible en ligne sur le site du Curateur public ou consulter un notaire qui veillera à le rédiger de manière adéquate et à l’enregistrer afin qu’il entre en vigueur au moment où un médecin aura posé un diagnostic d’inaptitude. Avisez votre famille immédiate de votre décision! Cela fait partie de la démarche.

Informez-vous en cliquant sur les liens suivants:

Don d’organes

Savoir que notre propre mort pourra améliorer la vie d’une autre personne parce que nous aurons signé une carte de don d’organes est également un bon moyen d’apaiser notre sentiment de crainte face à notre propre décès. Quelque chose de nous survivra. En donnant vos organes, vous pourriez sauver la vie de 8 personnes et redonner la santé à plus de 40 personnes.

Si vous désirez faire un don d’organes à votre décès, avisez vos proches et procurez-vous le formulaire qui doit en tout temps accompagner votre carte d’Assurance-maladie. Cliquez ici pour l’obtenir:

Survivre à travers un arbre

Notre passage sur terre laisse une empreinte carbone qui contribue aux bouleversements climatiques. Impossible d’y échapper. Mais, si cette question nous préoccupe, il est possible de poser un geste susceptible d’aider l’environnement: avisez votre famille que vous tenez à ce qu’un ou plusieurs arbres soient plantés à votre mémoire. Que vos cendres soient mêlées ou non à la terre, planter des arbres est un geste simple, symbolique et hautement utile. Si le lieu de la plantation pose problème, adressez-vous à un organisme spécialisé qui pourra garantir l’établissement de nouveaux arbres moyennant une contribution de votre part ou de celle de vos proches au moment de votre décès. Mais pourquoi attendre? Vous pouvez commencer dès maintenant à compenser votre empreinte carbone. Informez-vous!

Transmettre ses dernières volontés

Que ce soit sur un document officiel comme un testament notarié ou olographe, sur un bout de papier, en utilisant le document gratuit que vous trouverez sur la page Dernières volontés, ou encore en concluant vos préarrangements, transmettre vos dernières volontés à vos proches peut, une fois le mouvement de recul passé, procurer un sentiment de contrôle pour l’après…

Pourquoi? La mort fait peur, car elle représente la plus grande perte de contrôle qui se puisse imaginer. Faire des choix qui seront réalisés après qu’elle soit survenue donne à plusieurs la sensation de ne pas perdre totalement le contrôle. D’ailleurs, une fois qu’on s’est laissé prendre au jeu d’imaginer notre événement d’adieu, on entre dans un processus créatif stimulant. Sélectionner les mots que l’on voudrait dire à nos proches, les musiques qui nous représentent, les photos qui nous semblent représentatives de ce que nous avons vécu, c’est en quelque sorte se recontacter soi-même, se redéfinir. Et ça fait du bien, même quand la mort est encore loin et que l’on préférerait ne pas y penser. Cela peut également devenir un moment marquant où l’on décide de ce qu’il nous semble important de laisser comme souvenir, et parfois, changer certaines choses pour le mieux… ou encore, modifier des habitudes néfastes qui pourraient faire en sorte que ce moment fatidique soit devancé. Il n’est jamais trop tard pour se reprendre en main et vivre pleinement, en meilleure santé.

Enfin, envisager le Dernier passage, au lieu de provoquer de l’anxiété et du malaise, pourrait nous inciter à profiter de chaque minute, à dire “je t’aime” à tous ceux qui nous sont chers, à régler les vieilles disputes qui nous empoisonnent et à admirer toute la beauté que l’on décide de voir autour de nous. Car la mort, ce n’est qu’un rappel que la vie est comme une fleur fraîche: c’est parce qu’elle ne durera pas qu’on apprécie tant son parfum et sa couleur.

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