Une crémation, comment ça se passe?

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La crémation est un procédé de disposition par le feu du corps d’une personne défunte. Pratiquée depuis longtemps dans certains endroits du globe, elle est presque devenue la norme en Amérique du Nord et en Europe depuis une vingtaine d’années. Admise par le pape François selon les canons de l’église catholique qui croit à la résurrection des corps lors du jugement dernier, elle constitue une option aussi valable que l’inhumation du corps pour les croyants.

Avant la crémation

Comment ça se passe, une crémation? Le corps a été transporté au crématorium avec l’accord de la famille. La personne responsable du crématorium identifie la dépouille dès son arrivée grâce à la copie du constat de décès signé par un médecin qui doit obligatoirement l’accompagner. Ce document fait état du nom de la personne décédée, du lieu, de la date et de l’heure du décès, de la date et le lieu de naissance de même que des noms du père et de la mère de ce défunt. Un médaillon portant un numéro et le nom de l’entreprise funéraire est fixé au corps du défunt qui est déposé dans un contenant de crémation, le plus souvent cartonné, permettant de déplacer le corps sans le manipuler. Le corps est ensuite réfrigéré dans une chambre spéciale jusqu’au moment de la crémation, qui ne peut avoir lieu moins de 12 heures après le décès. Dans la majorité des cas, quelques jours s’écoulent avant la crémation.

Le dernier regard

Lorsque la famille a signé l’autorisation de crémation, elle peut demander de voir le corps une dernière fois, et ce, sans embaumement, à condition que le décès soit survenu depuis un maximum de 48 heures et que le corps ait été maintenu au froid depuis le moment de la mort. Cette présentation s’adresse à quelques personnes seulement, et se déroule sous supervision afin d’éviter tout risque de contamination bactérienne. En effet, dès que le coeur cesse de battre, les bactéries prolifèrent dans un processus naturel de dégradation du corps. Les yeux et la bouche du défunt sont fermés par le responsable du crématorium et les plaies sont recouvertes. Généralement, le corps a été lavé et vêtu d’une jaquette d’hôpital par le personnel infirmier de l’établissement où le décès a eu lieu. Il n’est donc pas nécessaire de laver le corps ou de l’habiller. Ces procédures causent un stress inutile à la dépouille. En effet, aussi étrange que cela puisse paraître, un défunt qui n’a pas été manipulé après son décès semble merveilleusement détendu et serein, contrairement au corps qui a subi un lavage à grande eau et que l’on a forcé pour passer des vêtements. De toute façon, le défunt est recouvert jusqu’aux épaules d’un édredon ou d’une couverture pour la présentation. Toutefois, au besoin, les cheveux sont coiffés et un minimum de maquillage permet de redonner une apparence naturelle au visage du défunt.

Quand les adieux sont terminés, les membres de la famille immédiate peuvent écrire un mot d’amour ou d’adieu et le déposer sur le corps, en même temps que des photos ou des objets très significatifs qui accompagneront le défunt dans l’équipement de crémation. Ensuite, si désiré, les proches peuvent pousser le contenant de crémation dans le four qui a déjà atteint une température de 1800 degrés.

Généralement, les familles ne souhaitent pas vivre cette expérience.

L’équipement de crémation

Il s’agit d’un four de béton, très étanche, et muni d’un système de contrôle de la température ainsi que d’un système complexe de filtration des fumées qui pourraient s’en échapper. Les normes environnementales sont très sévères sur ce point. L’équipement fonctionne au gaz propane et ne peut recevoir qu’une seule dépouille à la fois.

La très haute température fait en sorte d’enflammer instantanément les matériaux combustibles en début de processus. Lorsque ces matériaux sont consumés, le feu cesse d’être visible et c’est la chaleur qui évapore les liquides contenus dans le corps. À la toute fin de la crémation, des jets de flammes sont dirigés sur les plus gros os du corps afin de les fragiliser. Ceux-ci sont ensuite retirés de l’équipement et broyés dans un appareil spécial pour les réduire en cendres.

Le processus dure environ 2 heures, parfois un peu plus selon la stature de la personne défunte. Il faut encore 2 bonnes heures pour laisser refroidir les cendres.

Certains équipements peuvent être endommagés si le défunt portait un stimulateur ou un défibrillateur cardiaque, car ces appareils peuvent causer des arcs électriques lorsqu’ils sont soumis à des chaleurs intenses. C’est pourquoi la question est posée à la famille au moment de la signature de l’autorisation de crémation.

Comment être sûr qu’il s’agit bien des bonnes cendres?

Vous vous souvenez du médaillon apposé sur le corps de la personne décédée? Son double identique est déposé, au moment où commence la crémation, sur la table près de l’équipement où attend l’urne de transit. Celle-ci est préalablement dûment identifiée au nom du défunt, numéro de constat de décès, date de décès et date de la crémation, informations qui sont elles-mêmes consignées au registre des crémations.

En retirant les restes du four, le responsable y retrouve le médaillon d’origine et le compare à celui qui est déposé sur la table. C’est ainsi que l’identité du corps peut être établie, sans le moindre doute.

Assister à la crémation?

Âmes sensibles s’abstenir. De plus, le processus dure plusieurs heures et a lieu, dans certains crématoriums, au cours de la nuit. Il est donc déconseillé de se rendre sur place pour assister à la crémation. Cela peut être pénible et long. De plus, une présence auprès du responsable est plus sujette à provoquer des erreurs qu’à en éviter. Malgré tout, si une famille insiste, l’ambassadeur Everhere peut demander une autorisation spéciale.